Traitement du cancer du rectum

Un peu d'anatomie

Le rectum constitue la partie terminale du tube digestif. Situé juste avant l’anus, long d’une douzaine de centimètres, il fait suite au côlon sigmoïde. Il est entièrement situé dans le petit bassin, et possède des rapports étroits en avant avec la vessie, la prostate chez l’homme et le vagin et le col utérin chez la femme. Il suit la concavité du sacrum en arrière. Il traverse le plancher pelvien dans sa partie basse. Le rectum est richement vascularisé.



Un peu de physiologie

Le rectum joue le rôle de réservoir de selles entre deux exonérations. La fréquence des selles varie d’un individu à l‘autre. Toute ablation de tout ou partie du rectum influence directement la fonction de réservoir, et augmente habituellement le nombre de selles par jour. Ceci n’influence pas la fonction du sphincter anal, responsable de la continence fécale. Les selles sont donc plus fréquentes, mais le contrôle du sphincter anal est habituellement suffisant pour éviter toute « fuite ».



En quoi consiste l'intervention ?

Deux grands types d’intervention peuvent être nécessaires : les résections du rectum, pour lesquelles un rétablissement de la continuité peut être envisagé dans certaines conditions, et les amputations du rectum qui enlèvent à la fois le rectum, le canal anal et l’appareil sphinctérien. Ces interventions traitent avant tout les pathologies tumorales, surtout cancéreuses, et entrainent pour certaines l’abouchement à la peau du gros intestin de façon définitive ; dans ce cas, on parle aussi de la mise en place d’une stomie ou d’un anus artificiel. Certaines résections rectales nécessitent la mise en place d’une stomie temporaire.
Les résections et amputations rectales pour cancer sont les plus fréquentes. Seule la chirurgie, parfois en association avec la radiothérapie et éventuellement la chimiothérapie, permet de guérir le cancer du rectum.
Deux cas particuliers d’ablation du rectum sont à envisager : la chirurgie des cancers de l’anus, qui comporte obligatoirement l’ablation du rectum, et la chirurgie pour rectocolite hémorragique qui peut nécessiter l’ablation totale du côlon et du rectum, avec confection d’une suture entre iléon et anus.
Que ce soit sous cœlioscopie ou par laparotomie, le geste chirurgical est le même. La résection comporte l’ablation de la zone atteinte avec la totalité du tissu environnant dans lequel sont situés les ganglions lymphatiques (mésorectum). Ensuite, les deux extrémités du gros intestin sont raccordées en créant une « anastomose » à l’aide de pinces de sutures spéciales utilisant des micro-agrafes en titane ou par suture manuelle. En cas d’anastomose basse, votre chirurgien peut confectionner sur l’intestin un réservoir qui améliore le résultat fonctionnel à terme. Cette anastomose est souvent délicate et nécessite parfois la mise en place d’une stomie de protection temporaire situé au niveau de l’iléon ou du côlon. Cette stomie est supprimée au bout de quelques jours ou mois. Si une tumeur est trop bas située par rapport au sphincter anal, l’ablation de l’anus peut être nécessaire. Une colostomie définitive doit alors être mise en place.