Traitement du prolapsus du rectum

Un peu d'anatomie

Le rectum constitue la toute dernière partie du gros intestin, occupant les 15 cm situés entre la fin du côlon et le canal anal qui mesure environ 3 cm de long. Le canal anal est entouré du sphincter anal, responsable de la continence aux selles et aux gaz. Le rectum, lui, joue essentiellement le rôle de réservoir des selles entre les exonérations. Le rectum est situé dans le petit bassin, entre sacrum en arrière et utérus et vagin en avant chez la femme, prostate, vésicules séminales et urètre chez l’homme. Le plancher pelvien, situé grossièrement à la jonction entre rectum et anus, consolide la cavité pelvienne vers le bas et joue un rôle majeur dans la statique du petit bassin. Le rectum est habituellement peu mobile dans le sens vertical, mais possède des capacités de distension importantes.



Un peu de physiologie

Chaque effort de défécation s’accompagne d’une poussée abdominale pour extérioriser les selles à travers le canal anal et le sphincter anal qui se relâche momentanément. Cet effort de poussée peut être d’autant plus important que les selles sont dures ou qu’il existe une constipation terminale chronique. Par ailleurs, la qualité du plancher pelvien peut être altérée, notamment chez la femme, en raison du déficit hormonal dû à la ménopause, d’accouchements traumatiques par les voies naturelles, voire d’interventions antérieures sur le petit bassin ayant provoqué une altération de l’innervation. Un dernier facteur favorisant est parfois l’existence d’un côlon sigmoïde trop long qui est source de constipation. Les femmes sont ainsi plus touchées que les hommes. Le prolapsus rectal complet se caractérise alors par l’issue de la paroi rectale à travers l’anus, entrainant un œdème, des saignements voire des ulcérations (ulcère solitaire du rectum). Dans des cas extrêmes, un prolapsus rectal peut s’étrangler et nécessiter un geste chirurgical rapide. Il est fréquent que des manœuvres digitales soient nécessaires pour le réduire. Le prolapsus rectal ne doit pas être confondu avec le prolapsus d’hémorroïdes internes (c’est juste une sortie du revêtement interne avec des veines dilatées) et avec la rectocèle dans laquelle le rectum bombe à travers la paroi vaginale postérieure. Outre les complications décrites ci-dessus, le prolapsus rectal peut être source d’incontinence en raison de la distension chronique du sphincter anal et troubles de la sensibilité par irritation chronique, de troubles de l’évacuation (dyschésie) et de constipation. L’émission de glaires, parfois sanglantes, n’est pas rare. Le bilan fait appel à la clinique, la défécographie et l’IRM et doit chercher des troubles associés, génitaux et urinaires.



En quoi consiste l'intervention ?

La cure du prolapsus rectal fait appel à différentes techniques, dont la plus appropriée vous sera expliquée par votre chirurgien. Schématiquement, l’intervention par voie basse, consistant à enlever une partie de la muqueuse rectale et à plicaturer la paroi musculaire du rectum (intervention de Delorme) est peu choquante pour le patient mais expose à un risque plus élevé de récidive. Les techniques par voie abdominale visent soit à suspendre et à amarrer le rectum par des bandelettes (type intervention de Orr-Loygue), soit à retendre le rectum en associant une résection recto-sigmoïdienne. Ces deux techniques peuvent être associées entre elles.